En RDC, le téléphone sert de plus en plus de portefeuille. Ce guide fait le point sur les trois grands services de mobile money, leurs ordres de grandeur, leurs frais et les réflexes de sécurité. Les chiffres cités viennent toujours avec leur année et leur source ; les tarifs changent, vérifiez-les avant d’agir.
Les trois acteurs principaux
- M-Pesa (Vodacom) : 15,4 millions d’abonnés actifs, selon le rapport de l’ARPTC d’avril 2026 repris par Bankable.
- Airtel Money (Airtel) : 11,1 millions d’abonnés actifs (+22,4 %).
- Orange Money (Orange) : 7,7 millions d’abonnés actifs (+50,4 %).
Est « actif » un client ayant utilisé le service au moins une fois dans les 90 derniers jours. En 2025, M-Pesa a généré 207,1 millions de dollars de revenus et Airtel Money 194,8 millions (+42 %), selon la même source : l’écart entre les deux se réduit.
Ouvrir un compte
L’ouverture se fait auprès d’un agent ou d’une boutique de l’opérateur, avec votre carte SIM enregistrée à votre nom. Les pièces exigées et les plafonds dépendent de l’opérateur et du niveau de compte : nous n’avons pas trouvé de source officielle consolidée, renseignez-vous auprès de l’opérateur avant de vous déplacer.
Envoyer, retirer, payer : les frais
Les barèmes sont publiés par les opérateurs. À titre indicatif, le comparateur momocalc.com (frais en francs congolais) indique :
- Envoi : M-Pesa gratuit jusqu’à un seuil, puis 2 %, 1,5 % ou 1 % selon le montant ; Airtel Money et Orange Money : 1 %.
- Retrait : jusqu’à 9 % sur les petits montants (jusqu’à 30 000 CDF), puis dégressif selon les tranches, avec des écarts d’un opérateur à l’autre.
Ces chiffres sont indicatifs et la méthode de calcul par tranche n’est pas toujours claire. Vérifiez votre tarif exact avec le code USSD de l’opérateur (*150# pour M-Pesa, *501# pour Airtel, d’après momocalc) ou en agence. Le ministre de l’Économie nationale a par ailleurs cité, le 25 avril 2026, des frais de retrait pouvant atteindre 9 % chez Orange Money pour les très petits montants, et un droit d’accises de 10 % sur ces services (source : Fintech Médias).
Qui encadre le secteur
Selon le ministre cité ci-dessus, l’encadrement relève surtout de la Banque centrale du Congo (BCC), qui impose notamment la publication et l’affichage des tarifs en agence et en ligne (instruction n° 40). Une réforme des tarifs était annoncée avec l’ARPTC, le ministère du Numérique et la FEC, ainsi qu’une plateforme de plaintes. Nous n’avons pas trouvé de texte adopté à ce jour.
Sécuriser son argent
- Ne communiquez jamais votre code PIN, même à une personne se disant de l’opérateur.
- Vérifiez le message de confirmation avant de quitter l’agent : montant, numéro, solde.
- Méfiez-vous des faux gains et des appels demandant un « code de validation ».
- En cas de problème, contactez immédiatement le service client de l’opérateur et gardez les messages reçus.
- Ne laissez pas de gros montants sur le portefeuille : il sert à payer et envoyer, pas à épargner.
Ces conseils sont de bon sens et ne remplacent pas les consignes officielles de votre opérateur.
